Les impayés, quels risques ? L’exemple des entreprises en Asie-Pacifique

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La tension monte en Asie-Pacifique.

La dernière enquête annuelle sur les comportements de paiement livrée par Coface montre une hausse des retards de paiement dans huit pays et onze secteurs d’activités de cette région au cours de 2016.

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Selon Carlos Casanova, économiste de l’assureur crédit dans la zone, « 2017 devrait être une année difficile (…) l’expérience de paiement au niveau régional devrait rester médiocre ». Sans surprise, cette situation s’explique par la conjonction de trois facteurs : le ralentissement économique chinois, les difficultés des pays exportateurs de matières premières et le resserrement monétaire américain, qui fragilise les monnaies locales.

Ainsi 64 % des 2,795 entreprises sondées par Coface témoignent avoir subi des retards de paiement l’an dernier, et 12,8 % d’entre elles (un chiffre en hausse de 4,5 %) font état d’une durée au-delà de 120 jours, soit le plus haut sur quatre ans. Plus du quart évoquent des retards de très longue durée. D’après l’expérience de l’assureur-crédit, 80 % de ces dernières créances ne sont jamais honorées.

Sans pour autant tirer la sonnette d’alarme, ni pointer une élévation des défauts de paiement, Coface pointe une détérioration progressive – et continue – de la situation depuis trois ans. Limités à 3,4 % des encours des postes-clients en 2014, les retards de très longue durée et portant sur plus de 10 % des facturations sont montés à 5,1 % l’année suivante, et 5,4 % en 2016.

Rien ou presque ne semble en mesure d’inverser cette tendance puisque trois des onze pays étudiés concentrent l’essentiel des allongements des délais de paiement : la Chine, la Thaïlande et l’Inde. Le ralentissement de la seconde puissance mondiale et certaines surcapacités constatées contaminent ainsi les entreprises des voisins de l’empire du Milieu. D’autres pays, notamment ceux comptant sur leurs exportations de matières premières voient eux aussi leur situation se dégrader.

Quant aux hausses des taux de la Fed américaine, elles contribuent à fragiliser des entreprises locales déjà vulnérabilisées par la baisse du dollar, devise de référence de la plupart des monnaies des cinq autres pays étudiés (Australie, Hong Kong, Japon, Singapour et Taïwan). Hormis la remontée des commodités, aucun de ces facteurs n’influent de manière positive sur les comportements de paiement de la Région dans les prochains trimestres.

Sans surprise, les secteurs les plus touchés par ces retards de paiement demeurent ceux les plus sensibles au ralentissement chinois.

En premier lieu, les entreprises de la construction qui concentrent 33 % des créances de très longue durée et dépassant 2 % de leur chiffre d’affaire. L’immobilier devrait rester sous tension cette année en raison d’une dette des ménages élevée limitant leur pouvoir d’investissement. Les fournisseurs d’équipement industriels et électriques jalonnent les premières avec 32 % de longs retards et illustrent les surcapacités industrielles chinoises et le retour de pressions déflationniste sur place.

Coface, entreprise spécialisée dans l’assurance-crédit, table ainsi sur une année difficile pour ce secteur et celui de l’informatique et des télécoms. En revanche, portée par le rebond des cours des matières premières et la reprise en Europe et aux États-Unis, la métallurgie pourrait montrer des signaux d’amélioration.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez le dossier autour de l’enquête sur le comportement de paiement des entreprises en Asie-Pacifique menée par Coface

 

 

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