Le Brexit devant ou derrière nous ?

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Quinze mois après le vote des britanniques en faveur d’une sortie de l‘Union Européenne, rien ne se passe comme prévu.

En effet, jusque-là l’économie britannique semble à peine égratigné par les conséquences de ce référendum, avec des taux de croissance à faire pâlir d’envie bien des membres de l‘UE.

Quant aux négociations organisant ce Brexit, elles révèlent un fort volontarisme de la Commission de Bruxelles et, selon les récentes déclarations d’un de ses responsables, « un manque de substance » des positions de Londres, qui, vues du Vieux Continent paraissent une manière de traîner les pieds.

Ce devait être l’apocalypse avant même juillet 2016, il n’en a rien été

Pour le moment, le « non » au maintien dans l’UE n’a absolument pas pénalisé les entreprises britanniques.

Ni l’investissement ni la consommation n’ont flanché du jour au lendemain : la consommation s’est d’ailleurs appréciée de 2,8 % l’an dernier, soit la plus forte hausse depuis 2016, au détriment de l’épargne des ménages, tombée à son plus bas historique à 3,3 % de leur revenu disponible.

Quant aux profits des sociétés, ils battent là-encore des records avec un total de 105 milliards de Livres au dernier trimestre 2016.

Cependant, quelques nuages assombrissent ce beau temps persistant.

Considéré comme un indicateur avancé de l’évolution de la conjoncture, les ventes d’automobiles commencent à marquer le pas. Ces transactions illustrent l’attentisme des consommateurs et des entreprises dans ce pays quant à l’avenir, mais aussi le dévissé continu de la Livre Sterling depuis le lancement de la campagne référendaire à la fin 2015.

Avec comme conséquences une accélération de certaines exportations mais aussi un renchérissement des importations de matières premières et de biens intermédiaires.

Ces incertitudes incitent les décideurs à reculer leurs investissements : à 8,8 %, leur part dans le PIB a atteint son plus bas niveau depuis la crise, signant un recul de 1 % sur deux ans, malgré des conditions de crédit toujours aussi favorables.

Davantage, l’activité des services décélère, avec un gain réduit à 0,2 % au premier trimestre contre 0,7 % à l’automne dernier.

Malgré ou en raison de ce tableau, le gouvernement britannique paraît traîner les pieds pour négocier « sérieusement » avec les émissaires de la Commission de Bruxelles. Sans doute, ces tergiversations trouvent-elles leur source dans les perspectives économiques suivant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne : les experts de Coface, société spécialisée, tablent sur une baisse des flux migratoires avec l’UE de 0,3 à 0,6 %.

Surtout, poursuivent-ils, la physionomie de l’économie de ce pays pourrait changer dès cet automne, alors que les négociations accélèreront.

Sans tabler sur une récession, l’assureur-crédit, spécialisé dans la prévention des impayés table sur un ralentissement sans doute atténué par une politique publique de soutien à l’activité et une attractivité à peine entamée aux yeux des entreprises internationales.

Etude Coface : Retrouvez ici, l’étude complète autour de ce sujet !

 

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