Les entreprises françaises à l’assaut de l’Italie!

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1515 Marignan? Les entreprises françaises à l’assaut de l’Italie.

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Crédits photo : Le Figaro

Ces dix dernières années, les entreprises françaises ont investi plus de 48 milliards d’euros en Italie, prenant ainsi la tête de plus de 150 firmes transalpines. En 2015, ces investissements ont même quadruplé par rapport à 2014.

Ces rachats touchent tous les domaines, de l’agroalimentaire aux télécommunications, en passant par les infrastructures. Les Italiens, raillés pour leur susceptibilité légendaire, n’hésitent pas à évoquer un « raid » et dénoncent volontiers la passivité de leur leader face à l’annexion de Bulgari par LVMH ou de Telecom Italia par Videndi.  

L’« invasion gauloise » ne date pas d’hier : en 2011, le rachat de Lactalis par Parmalat –  officialisé le jour du 150e anniversaire de l’unité italienne – avait déjà été vécu comme un véritable affront.

Il est vrai qu’en Italie, Carrefour domine le secteur de la grande distribution et Engie celui de l’énergie. BNP Paribas règne sur les banques, AXA sur les assurances. La RATP est le premier groupe de transports en commun étrangers. Quant à LVMH, il a brillamment réussi son OPA sur Fendi, Berluti, Acqua di Parma, Bulgari ou encore Emilio Pucci.  

Les patrons français le savent : les entreprises italiennes sont le plus souvent familiales. De petite taille et faiblement capitalisées, elles sont des cibles de choix pour les grands groupes. Alors qu’elles ne forment qu’un tiers du tissu économique français, les entreprises de taille moyenne représentent 41% des sociétés italiennes.

Leur dynamisme soutient les exportations : trois années de lourde récession n’ont pas empêché l’Italie d’enregistrer l’an passé un excédent commercial de 4 milliards d’euros – quand la France souffrait d’un déficit de 46 milliards.

Alors qu’un « lien très spécial » unit les deux pays depuis le Risorgimento, les entreprises italiennes sont appréciées pour leur savoir-faire et leur qualité. Accessibles, les Français les rachètent d’ailleurs sans les annexer : si leur commandement reste français, leur management est le plus souvent conservé. L’enjeu résidant dans la préservation de leur italianité.

Lors du dernier sommet franco-italien, François Hollande et Matteo Renzi ont affiché leur souhait d’allier leurs forces pour faire émerger des champions européens dans les secteurs d’avenir. L’Italie demeure d’ailleurs le troisième pays à investir le plus en France, derrière les Etats-Unis et l’Allemagne.

En attendant, le rachat de Carte noire par Lavazza ne suffira pas à enrayer la peur de l’offensive française. Et l’Italie ne peut en aucun cas se montrer tout à la fois pro-européenne et protectionniste…

H.Chalvin

(Source: Les Echos)

L’Italie s’inquiète de l’« OPA » française sur ses entreprises

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