Pourquoi, en France, « on ne passe rien aux entrepreneurs »!

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Entrepreneurs: « Que grâce leur soit rendue »!

sagesse de l'argent: entrepreneurs

Le dernier livre de Pascal Bruckner, La Sagesse de l’argent, cherche à expliquer pourquoi les Français ont une relation compliquée avec leur porte-monnaie. Et avec leurs patrons.

«L’argent des sportifs bénéficie d’une étrange mansuétude. Comme si les footballeurs, par leur simple jeu de jambes, étaient sortis de la condition humaine. On ne passe rien aux patrons, tout aux sportifs et aux artistes qui touchent des rémunérations astronomiques ».

Syndicalistes défilant sous les fenêtres d’entrepreneurs pour désigner les « ennemis des Français », président se faisant élire sur fond de « je n’aime pas les riches », rivalités entre membres du gouvernement lors des déclarations de patrimoine pour réussir à s’afficher avec la voiture la plus minable… « Un vrai concours de misérabilisme » pour Pascal Bruckner.

Selon le philosophe, cette phobie de l’argent tire son origine des racines chrétiennes de la France – les pères de l’Eglise ayant très vite fait de celui-ci « le fumier du diable » – et de l’héritage révolutionnaire – depuis la nuit du 4 août 1789, les privilèges sont vus comme un affront intolérable.

Mais pourquoi les chefs d’entreprise français ne sont-ils pas considérés comme des héros quand outre atlantique Bill Gates et Mark Zuckerberg sont auréolés de gloire ?

Parce que la France est profondément hostile au libéralisme. Si elle tolère l’économie de marché, c’est pour mieux maudire ceux qui en sont les acteurs. L’entreprise est vue comme le siège du capitalisme, la réussite de son voisin de palier comme une injustice.

Aux Etats-Unis, les chefs d’entreprise qui ont réussi tiennent des conférences dans les centres commerciaux et les églises pour expliquer aux jeunes comment ils sont devenus des self-made-men.

N’est-il pas normal, après tout, que ceux qui prennent le plus de risques soient bien rémunérés ? Le succès est toujours le fruit d’un travail collectif. Le tout est de faire en sorte que les salariés n’aient pas le sentiment de ne plus faire partie du même monde que leur dirigeant.

Pour que les Français n’aient plus honte de gagner de l’argent et que nos entreprises n’aient pas à rougir de leurs performances économiques, Pascal Bruckner évoque deux pistes : apprendre aux enfants dès la maternelle que l’argent ne se vole pas mais est le fruit du travail ; inciter les hommes politiques à ne pas haïr les riches mais la pauvreté.

H.Chalvin

(Source : Les Echos)

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